3 years ago

Les innovations thérapeutiques en alcoologie

François Paille

Publication date: October 2018

Source: Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 176, Issue 8

Author(s): François Paille

Résumé

L’accompagnement psychosocial reste l’élément clé du traitement des patients dépendant de l’alcool, qu’il s’agisse de réduire leur consommation ou de l’arrêter. Cependant diverses méthodes médicamenteuses et non médicamenteuses sont en cours de développement et ouvrent des perspectives intéressantes.

Les médicaments

Actuellement, deux médicaments peuvent être utilisés pour réduire la consommation d’alcool : le nalméfène et le baclofène dans le cadre d’une recommandation temporaire d’utilisation. Les études disponibles à ce jour montrent des tailles d’effet faibles à modérées dans cette indication. Le résultat est meilleur si l’on considère seulement les patients qui présentent une forte consommation d’alcool. Quatre molécules sont disponibles pour aider les patients à maintenir une abstinence : l’acamprosate, la naltrexone, le disulfirame et le baclofène. Les tailles d’effet calculées par les méta-analyses sont également faibles à modérées. L’efficacité du disulfirame paraît intéressante lorsque le patient a compris son mécanisme d’action et qu’il est utilisé avec une supervision. Son utilisation est cependant limitée par un risque d’effets indésirables rares mais potentiellement graves. L’identification de sous-groupes de patients répondant mieux à certains médicaments est un enjeu important. À ce jour, peu de critères peuvent être retenus. Soulignons cependant que, quel que soit le médicament considéré, une consommation d’alcool élevée et une difficulté à maintenir une abstinence améliorent de façon significative la taille d’effet des médicaments. La recherche de marqueurs génétiques, après une période prometteuse concernant notamment un polymorphisme du gène OPMR1 codant pour le récepteur μ de la morphine, n’a pas pour l’instant débouché sur des applications cliniques pratiques. Des molécules prometteuses sont actuellement en cours d’évaluation, notamment l’oxybate de sodium et le topiramate.

Parmi les traitements non médicamenteux

Des résultats intéressants ont été mis en évidence avec la thérapie d’acceptation et d’engagement (thérapie de pleine conscience). Des travaux sont également menés sur les troubles cognitifs qui sont des facteurs de risque de rechute et limitent l’efficacité des traitements. L’élaboration de programmes de remédiation cognitive est un enjeu important pour l’avenir. Des méthodes de stimulation cérébrale, par stimulation magnétique ou courant continu, ouvrent des perspectives également intéressantes mais d’autres travaux sont nécessaires pour en situer la place éventuelle dans l’arsenal thérapeutique des conduites addictives.

Perspectives

Enfin, le développement de l’e-santé ouvre des perspectives particulièrement riches qu’il s’agisse d’apporter des informations aux patients, de les aider à évaluer leur consommation et à la monitorer, de proposer aide et réponse en cas de situation à risque ou de reprise de consommation ou encore d’utiliser différentes méthodes thérapeutiques intégrées dans des applications pour smartphones.

Abstract

Psychosocial support remains the key element of treatment of alcohol-dependent patients in order to either decrease or cease their alcohol consumption.

Drugs

Two drugs can now be used to reduce alcohol consumption: nalmefene and baclofen in the context of a “temporary use recommendation”. Currently available studies have shown weak to moderate effect sizes in this indication, but better results have been reported in populations confined to heavy drinkers. Four molecules are available to help patients maintain abstinence: acamprosate, naltrexone, disulfiram and baclofen. Effect sizes calculated by various meta-analyses are also low to moderate. Disulfiram appears to be more effective when the patient has understood its mechanism action and when it is used under supervision. However, the use of disulfiram is limited by the risk of rare, but potentially serious adverse effects. Identification of patient subgroups obtaining better responses to certain drugs constitutes a major research challenge, but only a few criteria have been defined to date. However, regardless of the drug considered, heavy drinking and difficulty to maintain abstinence significantly improve the effect size of the drug. After an initially promising period, especially concerning polymorphism of the OPMR1 gene coding for the morphine μ receptor, identification of genetic markers has not yet resulted in any clinical applications. Promising molecules currently under evaluation include sodium oxybate and topiramate.

Among non-pharmacological treatments

Interesting results have been demonst

-Abstract Truncated-

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